Campagne d’information ‘Santé de la société, santé de l’individu’ (décembre 2006)
Le 21 juin 2006, l’Humanistisch-Vrijzinnige Vereniging (HVV) a organisé sa huitième conférence de la libre pensée intitulée “Nous sommes à bout. Un regard sociocritique sur une société dépressive”. Les textes de la conférence ont été publiés sous forme de brochure. HVV désirait encore attiré l’attention sur cette problématique d’une autre manière. Pour cette raison HVV a lancé le 13 décembre 2006 la campagne “Santé de la société, santé de l’individu!”. Le titre renvoie à la citation classique “mens sana in corpore sano” (un esprit sain dans un corps sain) du poète romain Juvenalis.
Les chiffres au sujet des dépressions, des suicides et de l’usage des pilules dans notre pays révèlent que les choses vont très mal. Notre société jouit d’une grande prospérité, et pourtant plus de 15% des Belges (soit environ 1.500.000 personnes) vivent en-dessous du seuil de pauvreté… Le nombre de plaintes psychiques est stable à un haut niveau et cependant la prescription d’antidépresseurs a pratiquement doublé les dix dernières années… Bien qu’un grand nombre s’estime heureux, chaque jour sept personnes se suicident en Belgique…Dans notre société, l’état de la santé mental est apparemment grave. La recherche démontre qu’un grand nombre d’individus et de groupes sont exclus structurellement. Une logique pathogène mine l’existence d’énormément d’individus. C’est contre ces tendances que HVV et ses partenaires mènent la campagne “Santé de la société, santé de l’individu!”.
HVV a constitué une plateforme composée d’organisations concernées et d’universitaires qui soutiennent la campagne sur le plan du contenu. Cette plateforme humaniste comprend des organisations et des universitaires. Cette plateforme a rédigé un texte collectif de recommandations.
Organisations: Sarah Beweging – Mouvement Sarah (avec Jan Vanhaelen), Holebifederatie – Fédération Holebi (avec Eva Dumon), Netwerk Psychiatrie en Samenleving – Réseau Psychiatrie et Société (avec dr. Eric Rosseel) Universitaires: Els Ooms (assistante département psychoanalyse, UGent), prof. dr. Ronald Commers (philosophe éthique, CEVI, UGent), prof. dr. Filip Geerardyn (psychoanalyste, UGent), prof. dr. Fred Louckx (sociologue de la santé, VUB), prof. dr. Walter Vandereycken (psychiatre, K.U. Leuven) et prof. Dr. Jan Vranken (sociologue, OASeS, UA).
L’idée fondamentale de la plateforme: malgré les différentes mesures publiques relatives à la santé mentale, la plateforme estime que l’on prête beaucoup trop peu d’attention aux facteurs structurels et sociaux. “Santé” et “maladie” se retrouvent en effet souvent dans un même contexte. Dans le texte de la plateforme et au cours de la campagne, nous demandons par conséquent une attention spéciale pour les points névralgiques suivants:
- La prospérité ne se traduit pas automatiquement en bien-être (mental). Le “rat race” économique exige sa rançon: beaucoup d’individus sont accablés par le stress et deviennent dépressifs. Traînons-nous tous notre collier de misère?
- Imagine-toi être une jeune lesbienne de 15 ans… Un jeune HoLeBi sur trois envisage le suicide et une jeune lesbienne sur quatre fait une tentative de suicide. Parce que nous sommes tous hétéro? Ne te considère pas comme la norme.
- L’industrie pharmaceutique ne fabrique pas seulement des pilules, elle invente également des maladies! Parce que, bien entendu, elle veut vendre le plus possible. Sous le couvert de “l’information”, les entreprises pharmaceutiques propagent des maladies dans les médias, chez les médecins et dans l’opinion publique. Et les problèmes sont aussi trop souvent étiquetés comme “troubles psychiatriques”.
- En biopsychiatrie, le patient est trop souvent considéré comme un objet qui ne fonctionne plus et qui doit être réparé dans l’intérêt de l’ordre social et économique. En psychiatrie, le patient a cessé d’exister comme individu. Le modèle biopsychosocial d’antan a disparu en même temps. La santé mental ne se limite pas à la biologie et à la chimie.
- Toutes les choses de valeur sont fragiles. Dans notre société, le mot d’ordre est gagner. La compassion est pour les conards, le fair-play pour les perdants. Cette cruelle logique détruit les valeurs douces.
- La pauvreté et les problèmes psychiques vont souvent de pair. Celui qui a des problèmes psychiques, sombre plus facilement dans la pauvreté. Celui qui est pauvre, souffre plus facilement de problèmes psychiques. Les dépressions se développent plus souvent chez les individus sans sécurité d’emploi et avec peu de contrôle sur le planning et l’exécution de leur tâche. L’échec économique signifie souvent la chute dans la détresse physique et mentale.
Ces facteurs ne sont, bien entendu, pas les seuls qui jouent un rôle. Mais fermer les yeux sur ce genre de facteurs sociaux et structurels, qui sont néfastes pour la santé mentale, entretient l’exclusion d’un grand nombre d’individus. Nous les sacrifions à la sévère logique néolibérale. Nier ces facteurs fait de la politique de la santé mentale “un emplâtre sur une jambe de bois”. Mais se mettre à méditer sur cette pagaille sociale et mentale n’est pas une option! Jugée sur base de notre produit national brut, notre société est parfaitement en état de redistribuer la prospérité afin de mettre plus de bien-être à la disposition d’un plus grand nombre.
Au cours de cette campagne, nous mettons cependant également l’accent sur le fait que la santé mentale et le bien-être psychosocial est une affaire complexe qui n’est pas servie par de simples réponses ou remèdes. A cette fin, nous formulons une série de recommandations dans le texte de notre plateforme.
La campagne comprend les actions suivantes:
- nous distribuons massivement des cartes postales et des affiches concernant les 6 points précités;
- nous faisons signer le texte de la plateforme par les organisations concernées et par des tiers;
- nous mettons un réseau sur pied avec des organisations intéressées et des experts;
- nous activons à partir du 13 décembre 2006 un site internet www.gezondesamenleving;be
- nous formons un groupe de travail spécifique “donner du sens et santé mentale”;
- nous tentons d’agir sur la politique.
Si vous désirez en savoir plus, vous pouvez consulter le site internet ou nous contacter.
Si vous désirez d’une manière ou d’une autre contribuer, faites nous signe.
| Au nom du team: Peter Algoet, HVV | Traduction : Jean Borgers |
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